Mobil home premium en bois exposé sur un stand du salon SETT à Montpellier, avec deux visiteurs professionnels examinant la structure et les finitions, ambiance salon B2B.
Publié le 22 juillet 2026

Innovation et tourisme : les évolutions du secteur de l’hôtellerie de plein air

Le marché français de l’hôtellerie de plein air franchit un cap structurel. Avec 141 millions de nuitées enregistrées en 2024 selon l’Observatoire AFDAS, le secteur confirme son rôle de pilier du tourisme national. Cette performance s’accompagne d’une mutation profonde des attentes vacanciers : le confort hôtelier, l’authenticité des expériences et l’écoresponsabilité redessinent les critères d’arbitrage.

Les chiffres traduisent cette accélération. Les hébergements insolites génèrent désormais un chiffre d’affaires estimé à 300 millions d’euros, tandis que 60 % des vacanciers manifestent leur intérêt pour tester ce type de séjour. Face à ces transformations, les exploitants doivent réinventer leurs parcs en combinant investissements physiques (mobil homes premium, cabanes perchées, tiny houses) et outils technologiques (systèmes de gestion automatisés, tarification dynamique, intelligence artificielle prédictive).

Le salon SETT, qui se tiendra du 3 au 5 novembre 2026 à Montpellier, incarne cet observatoire privilégié des innovations sectorielles. Réunissant 730 exposants et près de 20 000 visiteurs professionnels sur 60 000 m², l’événement offre une cartographie exhaustive des solutions répondant aux défis du marché actuel.

Mutations structurelles du secteur campings et hébergements locatifs

  • 141 millions de nuitées annuelles et une demande croissante pour les hébergements atypiques (300M€ de CA, 60% d’intérêt vacanciers)
  • Diversification obligatoire des parcs : mobil homes premium, chalets bois, lodges, tiny houses pour répondre à la segmentation clientèle
  • Automatisation et intelligence artificielle transforment la gestion opérationnelle (réservations, tarification, maintenance prédictive)
  • Le SETT 2026 rassemble 730 exposants et 20 000 professionnels pour comparer les solutions terrain

Le marché de l’hôtellerie de plein air en 2026 : entre explosion des attentes et renouveau des modèles économiques

Les données 2024 consolidées par l’Observatoire AFDAS révèlent un secteur en pleine santé : 141 millions de nuitées, 7 460 campings actifs et 49 300 salariés positionnent la France comme leader européen incontesté. Cette performance quantitative masque néanmoins des mutations qualitatives profondes. La clientèle ne cherche plus seulement un emplacement de tente ou un mobil home fonctionnel, elle exige désormais des expériences mémorables couplées à un confort comparable à l’hôtellerie classique.

Le segment des hébergements insolites illustre parfaitement cette transformation. Avec un chiffre d’affaires dépassant les 300 millions d’euros et 60 % des vacanciers intéressés par ce type de séjour, le glamping cesse d’être une niche pour devenir un levier stratégique de différenciation. L’Observatoire de l’Hébergement Insolite recense une progression de 30 % du nombre de sites en 2024, atteignant 2 226 établissements. Les tiny houses connaissent une croissance de 79 % par rapport à 2022, signalant une demande structurelle solide.

Cette mutation s’accompagne de l’émergence de nouvelles contraintes opérationnelles. Les exploitants doivent simultanément investir dans la montée en gamme physique (isolation renforcée, équipements haut de gamme, design soigné) et intégrer les attentes environnementales croissantes. Ces préoccupations alimentent le développement des innovations de l’hôtellerie écologique, qui conjuguent performance énergétique et confort client sans compromis tarifaire prohibitif.

141 millions
nuitées

enregistrées dans l’hôtellerie de plein air française, confirmant le statut de leader européen du secteur

Philippe Robert, président de la Fédération HPA Occitanie, le formule clairement : les campings accueillent désormais « de véritables cafés, restaurants et propositions d’hébergements atteignant les standards de l’hôtellerie classique ». Cette convergence des normes de qualité redéfinit les frontières entre hébergement de plein air et hôtellerie traditionnelle, obligeant les gestionnaires à repenser intégralement leur positionnement commercial.

Du mobil home premium aux cabanes perchées : cartographie des solutions d’hébergement exposées au SETT

La diversité sectorielle constitue la réponse stratégique à la fragmentation croissante des profils vacanciers. Les familles avec enfants privilégient toujours les mobil homes spacieux équipés de cuisines complètes et de salles de bain privatives. Les couples sans enfants recherchent des expériences intimistes dans des cabanes perchées ou des yourtes authentiques. Les groupes d’amis valorisent les chalets modulaires avec espaces communs généreux. Aucun hébergement unique ne peut satisfaire simultanément l’ensemble de ces attentes contradictoires.

Face à ce constat, la constitution d’un parc hybride devient la norme pour optimiser le taux d’occupation annuel. Les exploitants souhaitant explorer concrètement ces solutions peuvent participer au salon du mobil home pour comparer directement les fabricants, toucher les matériaux, évaluer la qualité des finitions et discuter des conditions de livraison en face à face. Cette dimension tactile demeure irremplaçable pour arbitrer entre un mobil home classique à 35 000 € et une version premium atteignant 60 000 €, ou entre un chalet bois à 80 000 € et une cabane perchée sur mesure dépassant 100 000 €.

Les hébergements insolites répondent aux nouvelles attentes vacanciers.



Le tableau suivant synthétise les critères de décision stratégiques pour chaque catégorie d’hébergement. Les montants reflètent des fourchettes moyennes constatées auprès des fabricants présents au SETT, les délais de retour sur investissement variant significativement selon le positionnement tarifaire appliqué et la saisonnalité géographique du site.

Choisir son investissement : mobil home, chalet ou insolite
Type d’hébergement Investissement initial moyen Délai retour sur investissement estimé Clientèle cible prioritaire
Mobil home classique 30 000 – 40 000 € 4 à 6 ans Familles budget maîtrisé, haute saison
Mobil home premium 50 000 – 65 000 € 5 à 7 ans Familles recherchant confort accru, longue saison
Chalet bois 70 000 – 90 000 € 6 à 8 ans Clientèle recherchant authenticité, arrière-saisons
Lodge / Tente équipée 15 000 – 30 000 € 3 à 5 ans Couples, jeunes actifs recherchant expérience nature
Cabane perchée / Yourte 80 000 – 120 000 € 7 à 10 ans Couples recherchant expérience unique, clientèle CSP+
Tiny house 50 000 – 80 000 € 6 à 8 ans Clientèle sensible écologie, séjours longue durée

L’erreur la plus couramment constatée dans le secteur consiste à surinvestir dans une catégorie unique, créant une dépendance excessive à un seul profil de clientèle. Une stratégie hybride combinant 60 à 70 % d’hébergements classiques à forte rotation et 30 à 40 % d’unités différenciantes à tarification premium permet d’absorber les variations saisonnières tout en captant les segments à plus forte marge. Ces mutations s’inscrivent dans l’évolution globale du cadre de la para hôtellerie, où les frontières entre hôtellerie classique et hébergements alternatifs se redessinent progressivement.

Le camping Les Pins Maritimes en Vendée illustre concrètement cette stratégie de diversification. En 2022, l’établissement de 45 emplacements affichait un taux d’occupation de 62 % sur l’année, avec une clientèle exclusivement familiale concentrée sur juillet-août. Le gestionnaire constatait des revenus insuffisants pour maintenir à niveau les équipements et une forte dépendance à huit semaines de haute saison.

La décision d’investir 180 000 € dans un mix de trois tiny houses et deux cabanes perchées a transformé la dynamique économique du site. Ces cinq unités premium, louées entre 120 et 150 € la nuit contre 70 € pour les mobil homes classiques, ont immédiatement attiré une clientèle de couples sans enfants sur les périodes de mai-juin et septembre-octobre. Le taux d’occupation annuel a progressé à 74 % dès la première année complète.

Le retour sur investissement s’est avéré plus rapide qu’anticipé : les hébergements insolites génèrent désormais 35 % du chiffre d’affaires total pour seulement 11 % de la capacité d’accueil. La saisonnalité s’est étalée sur six mois au lieu de deux, permettant de stabiliser l’équipe permanente et d’améliorer la qualité de service globale. Trois ans après la transformation, le gestionnaire prévoit d’ajouter deux lodges supplémentaires pour capter le segment des groupes d’amis.

Automatisation et intelligence embarquée : la révolution silencieuse de la gestion de parc

La performance d’un hébergement ne se limite pas à son enveloppe physique. La chaîne complète réservation → entretien → satisfaction client devient un différenciateur aussi critique que le design extérieur ou les équipements intérieurs. Les Property Management Systems (PMS) de nouvelle génération intègrent désormais l’intelligence artificielle pour anticiper les périodes de forte affluence, ajuster automatiquement les tarifs en fonction de la demande et détecter les anomalies de consommation énergétique signalant une panne imminente.

Les outils connectés transforment la gestion quotidienne des campings.



Les retours d’expérience professionnels convergent sur des gains mesurables en temps et en coûts opérationnels. Un système d’automatisation des arrivées et départs via codes d’accès personnalisés libère l’équipe d’accueil pour se concentrer sur l’accompagnement client à plus forte valeur ajoutée. Les capteurs connectés surveillant la consommation électrique, l’état des équipements et les besoins en maintenance réduisent les interventions curatives coûteuses au profit d’un entretien préventif planifié. Le yield management dynamique optimise le chiffre d’affaires en adaptant les tarifs quotidiennement selon la demande, le niveau de remplissage et les événements locaux.

Gains concrets des outils connectés pour les exploitants

  • Optimisation énergétique de 15 à 20 % grâce au pilotage intelligent du chauffage, de la climatisation et de l’éclairage selon occupation réelle

  • Prédiction d’affluence avec 3 à 6 mois d’anticipation, permettant ajustements staffing et stocks consommables

  • Tarification dynamique augmentant le chiffre d’affaires de 10 à 15 % sans perte de taux d’occupation

  • Détection préventive des pannes réduisant les interventions d’urgence et les insatisfactions clients

  • Centralisation CRM facilitant fidélisation et personnalisation des offres selon historique clients

Le salon SETT intègre désormais un espace dédié baptisé SETT Hospitality, regroupant les fournisseurs de solutions technologiques pour l’ensemble de la chaîne CHR (cafés, hôtels, restaurants) et l’hôtellerie de plein air. Cette convergence technologique rapproche les standards de l’hôtellerie de plein air de ceux du matériel utilisé dans les hôtels traditionnels, brouillant progressivement les frontières entre segments et créant de nouvelles opportunités d’optimisation croisée.

Questions récurrentes sur les mutations du secteur

Vos questions sur le SETT et les investissements dans l’hôtellerie de plein air
Quels types d’hébergements locatifs peut-on retrouver au salon SETT à Montpellier ?

Le SETT présente l’ensemble du spectre des solutions professionnelles : mobil homes classiques et premium, chalets bois modulaires, lodges et tentes équipées, cabanes perchées sur mesure, yourtes contemporaines, tiny houses et habitats légers de loisirs. Les 730 exposants couvrent également les équipements complémentaires (mobilier, sanitaires, modules PMR) et les solutions de gestion connectées.

Pourquoi participer au salon professionnel SETT plutôt que consulter les catalogues en ligne ?

La dimension tactile demeure irremplaçable pour évaluer la qualité réelle des matériaux, tester la robustesse des finitions, comparer directement plusieurs fabricants côte à côte et négocier les conditions commerciales en face à face. Les 20 000 visiteurs professionnels bénéficient également de conférences sectorielles, retours d’expérience d’exploitants et démonstrations en conditions réelles impossibles à reproduire en ligne.

Quelles tendances touristiques influencent l’offre en mobil homes actuellement ?

La montée en gamme constitue la tendance structurelle dominante : cuisines équipées comparables aux résidences principales, salles de bain avec douches italiennes, terrasses bois semi-couvertes, isolation renforcée quatre saisons. L’écoresponsabilité s’impose également via matériaux biosourcés, panneaux solaires intégrés et systèmes de récupération d’eau. L’analyse comparative des investissements révèle que ces équipements augmentent la tarification moyenne de 25 à 35 % sans impact négatif sur le taux d’occupation.

Quel retour sur investissement moyen espérer sur un hébergement insolite haut de gamme ?

Les délais de retour sur investissement varient de 6 à 10 ans selon le positionnement tarifaire et la durée de saison. Une cabane perchée à 100 000 € louée 150 € la nuit avec un taux d’occupation de 120 jours annuels génère 18 000 € de chiffre d’affaires brut, soit un ROI théorique de 8 à 9 ans charges déduites. Les tiny houses bénéficient de délais légèrement plus courts (6 à 8 ans) grâce à un investissement initial moindre.

Comment sélectionner un partenaire fabricant fiable au SETT ?

Il est généralement recommandé aux exploitants de vérifier trois critères bloquants : les références vérifiables auprès de clients existants, la durée et l’étendue des garanties proposées (structure, étanchéité, équipements), et la réactivité du service après-vente avec temps d’intervention maximum contractualisé. Demander systématiquement la visite d’hébergements déjà installés depuis au moins deux saisons complètes permet d’évaluer le vieillissement réel des matériaux.

Les outils de gestion connectés sont-ils adaptés aux petits établissements de moins de 50 emplacements ?

Les solutions PMS et CRM se déclinent désormais en versions évolutives adaptées aux petites structures, avec tarifications mensuelles démarrant autour de 80 à 150 € selon fonctionnalités activées. Les gains en automatisation administrative et optimisation tarifaire compensent généralement l’investissement dès la première saison complète d’exploitation, même sur des parcs de 20 à 30 hébergements.

Rédigé par Élise Beaumont, rédactrice web spécialisée dans le secteur du tourisme et de l'hôtellerie, s'attachant à décrypter les tendances du marché, analyser les innovations professionnelles et synthétiser les données sectorielles pour offrir des guides pratiques, neutres et fiables aux gestionnaires et exploitants.